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BEAT-CLUB

AVEC

LES JAGUARS

Si la France est un des pays d'Europe qui en 1960 a le mieux réagit face à la musique venue d'outre-Atlantique et d'outre-Manche appelée rock & roll, elle est, par contre, passée à côté du phénomène British beat, contrairement à nos voisins allemands, suisse et hollandais. Les orchestres beat se comptaient par centaines en 1967 dans une ville telle que Bâle. Et juste à coté dans une bourgade constituée par les agglomérations de Saint-Louis, Village-Neuf et Huningue, les tables du rock sont portées par les Jaguars, "un nom qui fait frémir..." (dixit la presse de l'époque).

C'est en 1962 que les Vikings débarquent à Saint-Louis. Ce premier orchestre rock du cru incitent Louis Perin, Jean Marc Troendle et Clément Brendle à fonder les Espions.


Jean Marc suit des cours auprès de l'association Guitares & mandolines. Cela lui permet de connaître quelques accords et la guitare rythmique lui est donc toute indiquée. Louis a lui aussi des notions musicales à travers l'accordéon (on ne le répétera pas !). Il se met à travailler dur pour assurer le rôle de soliste. Quant à Clément, il n'a pas trop le choix puisque seule la batterie reste disponible. Cela lui réussit si bien qu'il en fera son métier. Nous sommes en juin 1963 et le trio, du haut de ses quatorze ans de moyenne d'age, se met à répéter. La musique instrumentale est alors à l'honneur et nos compères, qui ont choisi le nom de Jaguars pour son coté agressif, laissent une première trace sonore. c'est aussi l'époque des boums et portés par l'enthousiasme du public, on commence à voir les Jaguars sortir de leur tanière.

Un concours en mai 1964 à Fraize dans les Vosges, leur permet de se confronter avec d'autres orchestres (parmi lesquels les Shooting Stars d'Épinal dont on vous parlera dans un prochain numéro) et ils ne s'en tirent pas si mal. La dissolution des Vikings leur permet de se renforcer en reprenant Ariel Meppiel comme bassiste. En septembre de la même année, ils font un bond et sautent le pas et la frontière en s'attaquant à la scène bâloise. Ils assument la première partie des Barons, les rois de la

scène mulhousienne, qu'ils retrouvent le 31 octobre lors d'un fameux Gala des jeunes au Palais des fêtes de Mulhouse avec en têtes d'affiche Hector et Dick Rivers. Alors qu'ils ont à peine un an d'existence la presse remarquera ces "concurrents dangereux pour les formations mulhousiennes". En décembre, c'est à la Bourse toujours dans la métropole du sud de l'Alsace, qu'ils participent à une White Night avec en vedette les Fantômes.

" Village-Neuf la nuit. Des rues désertes balayées par un vent glacial. Personne à qui demander notre chemin et pourtant nous trouverons ceux que nous sommes venus voir : les Jaguars. Nous les trouverons grâce

au plan que l'un d'eux a joint à la lettre qu'ils m'ont envoyée. Et sur place grâce aux accents vigoureusement rythmés qui nous guideront tout droit à la bonne maison ".

C'est ainsi que débute l'article que l'Alsace Illustrée leur consacre en janvier 1965. A la question traditionnelle des chansons préférées sont citées Carole, le pénitencier

et Tutti Frutti, "ce vieux rock que chantait Little Richard en 1956 "!

la nouvelle année est entamée avec une innovation de choc: Gilbert Troendle, alias Jack Layton, devient le chanteur des  Jaguars. Jean-Marie Bieler, ex-Gentlemen, prend la basse et la formation grave un second EP tiré à quelques exemplaires sous la marque du Kiosque d'Orphée (comme c'est le cas pour les 4 EP's enregistrés par les Jaguars).

Si Jack est un adepte d'Adamo, sa voix lui permet également de s'attaquer aux rocks, Frankie et Johnny est un air devenu un traditionnel américain. Relevons les très belles versions de Les Paul & Mary Ford et de Gene Vincent, toutes deux parue sur Capitol, mais c'est incontestablement notre Johnny national qui a inspiré les rockers locaux en gravant ce titre sur son fameux album Les rocks les plus terribles.

Le second titre chanté est devenu un standard des Stones, The Last Time, adapté par Claude Righi sous le titre Elle m'attend. C'est Ronnie Bird qui immortalise ce titre en France, lui qui est un des meilleurs représentant dans l'hexagone de la sonorité beat et pour lequel les Jaguars auront

Retrouvez les Jaguars

sur le disque  25 cm

     que le label

       SAPHYR

  leur a consacré.

Article paru dans la revue  « CLUB DES ANNEES 60 »  N° 29     

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